Le but de cette page est de présenter une notion d'une famille de sous-espaces vectoriels en somme directe en supposant que cette famille est bien ordonnable. Ceci est possible si le nombre de sous-espace est fini ou que l'on admet l'axiome du choix. On verra que le premier cas est intéressant en pratique. Dans toute la suite, E est un espace vectoriel.
Si est un ordinal, une famille de vecteurs de E est dite à support fini, si et seulement si l'ensemble est fini.
On note l'ensemble des familles à support fini (obtenu par l'axiome de séparation sur ).
On peut alors définir la somme des , notée , avec des propriétés naturelles :
Soit une famille de sous-espaces vectoriels de E. Le plus petit sous-espace vectoriel contenant les s'appelle la somme des et est noté. On a alors :
Soit une famille de sous-espaces vectoriels de E. On dit que ces sous-espaces sont en somme directe si et seulement si ils vérifient une des propriétés équivalentes suivantes :
Supposons que l'on est 2, et si pour un x donné, et sont deux suites convenant pour l'égalité du 3, alors
donc c'est dire que les suites sont égales. Par conséquent
Supposons dorénavant 3 vérifié. et soit x élément de où
Alors pour tout tel que posons , ainsi que . On a bien car contient x par hypothèse.
De plus x comme est élément de il s'écrit aussi sous la forme avec .
En identifiant les coefficients, on trouve finalement d'où
est immédiat.
Supposons maintenant 4 vérifié et soit est une famille vérifiant l'hypothèse de 2. Si la conclusion est fausse, alors l'ensemble d'ordinaux est non vide et fini donc possède un plus grand élément . Mais dans ce cas,
d'où
On a donc d'après 4 nul, ce qui est contradictoire.
Par conséquent,et finalement
Les trois premières propriétés sont les transcriptions grâce à des ordinaux de la définition classique d'une somme directe d'une famille sous-espaces vectoriels indexée par un ensemble I. La dernière est intéressante lorsque l'on étudie une famille finie de sous-espaces (dans ce cas I est effectivement bien-ordonnable et on peut parler en terme d'ordinaux), puisqu'elle permet de simplifier les vérifications.
Par exemple si on souhaite montrer que F, G, H sont en somme directe par la propriété 1, on doit vérifier :
Par la propriété 4, on a simplement :